De nouvelles mésaventures m’attendaient sur cette section, mais c’était l’occasion de rencontrer des personnes magnifiques. Bien que le sort s’acharne sur moi, je tiens le coup et n’abandonne pas mon projet. C’était aussi une section sur laquelle j’allais traverser à pieds la première frontière terrestre de mon aventure.

Jour 85 : mile 1295,6

Il faisait très chaud dans la chambre d’hôtel, et la partager avec 3 autres personnes n’a clairement pas aidé à passer une bonne nuit. Mais c’était vraiment sympa d’être dans ce petit groupe de hikers. Au matin, je passe au magasin pour ravitailler, puis à la poste pour poster un colis de ravitaillement dans la première ville du Wyoming. J’en profite pour récupérer la pièce de rechange pour réparer ma tente, et j’apprend que 3 de mes colis sont toujours en transit ou perdus.

Retour à l’hôtel, je range mes affaires, je fais mes au revoir à Pale Ale qui retourne chez elle a Seattle, et à Jim qui va faire quelques sections avec sa fille mais qui sera légèrement en avance sur moi. Un repas chez Macdonald plus tard et me voilà à faire du stop avec Wildman et Stallion. Une bonne heure d’attente et un homme se propose de nous déposer au sentier.

Début de journée assez tardif, avec un objectif d’environ 9 miles. Le sentier suit une route de terre jusqu’au sommet d’une montagne puis bifurque sur un sentier qui suit une crête. Arrivé à un autre sommet, le sentier disparait complètement et je suis obligé d’utiliser la boussole pour m’orienter. Je dois sauter de pierres en pierres jusqu’à atteindre une partie herbacée. Mes nouveaux bâtons de marche n’étaient pas correctement serrés et se rapetissaient. J’ai donc entrepris de les resserer. Sauf que mon pied droit a fini sur une surface instable. Je me foule la cheville droite.

J’appelle Stallion qui était un peu devant moi, et je suis rejoins par Wildman. Je n’arrive plus à poser le pied par terre. J’utilise de la neige pour glacer ma cheville, je prend 4 ibuprofènes, j’enfile ma chaussette de compression et je commence à craquer.

Le parking le plus près est à 3,5 miles. Impossible que je marche autant sur cette douleur. J’attendais que les ibuprofènes fassent effet quand 2 randonneurs sont passés à côté de nous. J’ai expliqué la situation. Ils étaient garés à 0.5 miles (800m) de là, sur un chemin de terre très cabossé. Ils allaient camper cette nuit autour du lac et retournaient en ville demain. Ils ont proposé de me déposer sur leur route.

Alors Wildman a porté mon sac et Stallion m’a aidé à boiter jusqu’à la route. Le sentier était chaotique. Des étendues de grosses pierres sur lesquelles je devais ramper, des névés de neige que je traversait en m’asseyant… Après un peu plus d’une heure de galère, on a fini par atteindre la route à côté de laquelle j’ai installé ma tente. Puis j’ai juste fondu en larme. Je ne veux pas abandonner cette aventure. Pas après autant de concessions. Pas après autant de distance. Je ne veux pas abandonner mon rêve. Mais mon corps n’arrive plus à suivre. C’étaient trop d’émotions. Se pose aussi la question d’où rester le temps que mon corps se remette d’aplomb. Je ne connais personne dans le Colorado et je ne peux pas me permettre de passer 2 semaines dans un hôtel. Je suis épuisé. Je suis perdu.

Jour 86,87,88,89,90,91,92,93 – Lakewood

Au petit matin, je dis au-revoir à Stallion et Wildman qui continuent leur aventure, et j’embarque avec les deux frères, pour 2h de route sur un chemin de terre très cabossé. Ils allaient jusqu’à Boulder, mais ne sachant pas où j’allais rester, j’ai préféré qu’ils me déposent sur une route assez peuplée me permettant de faire du stop vers le nord ou vers les grandes villes. À Empire, je les quitte, j’achète un pot de glace, et je mange à l’ombre, en contactant quelques américains que je connais, demandant s’ils ont des amis dans le coin. Je contacte aussi 2 personnes qui hébergent le podcast « TheTrailShow », un podcast américain qui parle de randonnée à travers le monde. Ils habitent entre Boulder et Salida. Je me dis que j’ai peut être une chance.

Ça n’a pas manqué ! Un quart d’heure plus tard et je reçois une réponse de Princess Of Darkness (POD), qui m’annonce qu’elle ne peut pas m’héberger car son mari, Disco, est malade, mais qu’elle contacte quelques personnes dans les environs. Une demi-heure plus tard, elle me donne le numéro d’une de ses ancienne collègue et amie, Kat, qui habite à Lakewood, à l’ouest de Denver. Je reste vraiment abasourdi par l’entraide qui existe au seins de cette communauté.

Je traverse la route pour commencer à faire du stop. 5, 6, 7 voitures passent quand l’une d’entre elle fait demi-tour. Une femme m’interpelle. Il s’agit de Mary Jane qui revient d’une nuit de camping avec ses 4 enfants. Elle n’a jamais pris quelqu’un en stop, mais elle a compris que j’avais besoin d’aide quand elle m’a vu boiter avec une seule chaussure. Ils étaient vraiment tous adorable. Elle était tellement contente de rencontrer un francais qu’elle a insisté pour m’offrir un repas le midi. Puis elle m’a déposé chez Kat.

Cette dernière n’était pas là, mais elle avait laissé la porte ouverte. Elle m’a laissé une serviette sur le lit et elle m’avait préparé un cocktail. Je fais une douche, et elle arrive avec un chiot qu’elle doit garder quelques semaines le temps qu’elle lui trouve une famille d’accueil.

Kat est prof des écoles pour enfants handicapés. Actuellement en vacances, elle passe beaucoup de temps à l’extérieur. Je ne la verrai au final qu’assez peu sur toute la durée de mon repos. J’ai pu par contre profiter d’une grande télé, d’un lit confortable, d’une douche, d’une clim et d’un grand jardin.

J’avais une merde de chien à ramasser tous les jours sur le tapis du salon, et j’ai eu le droit à un vomi sur mon oreiller en pleine nuit, mais dans l’ensemble, le chiot a été adorable.

J’enchaînais ibuprofènes, compression, glace et repos, entrecoupé par moments d’un peu de cuisine. J’ai préparé pas mal de salades, un chili, un gâteau au chocolat, mangé beaucoup (trop!) de glaces. En attendant, mes amis continuaient leur route et j’observais, avec pas mal de tristesse, tous les paysages que je ne verraient pas. Rocky Mountain National Park par exemple. Je parlais de petites victoires tout au long de mon aventure, mais il y a aussi quelques défaites, déconvenues et changements de programme. Mon projet ne se passe clairement pas comme je l’espérais, mais ca reste mon aventure, avec ses hauts et ses bas.

La veille de mon départ, j’ai accompagné kat, et les 3 enfants qu’elle gardait, autour d’un lac artificiel. C’était l’occasion de faire une petite marche de 5km pour voir si ma cheville tient. A priori oui, malgré une petite gêne. J’ai ensuite nagé une bonne demi heure ce qui était clairement sympa vu les 38 degrés extérieur.

Jour 94 : mile 1457,6

Départ de la maison à 5h15. Après une bonne heure de route, Kat me dépose a Silverthorn, une ville plus au sud de là où j’ai du quitter le sentier. Je commence à faire du stop pour remonter jusqu’à Steamboat Springs. Je suis contraint de passer 2 sections car je n’arriverai jamais au Canada avant la neige et l’expiration de mon visa si je reprend où je m’étais arrêté. Un homme me dépose 20 miles plus loin sur la route. Je fais un second stop. On me dépose au nord de Kremmlings. Encore un stop pour les 60 miles restant et me voilà de retour sur le sentier, 4 voitures et 6h de stop plus tard. Vers 11h30, je fais mes premiers pas.

L’un des paysages pendant le stop

J’avance lentement, réduisant la taille de mes pas lorsque je sens que ça devient un peu douloureux. J’ai toujours une certaine gêne, mais seuls quelques mouvements sont douloureux. Mes chaussures par contre me blessent un peu les talons à cause du manque d’amorti.

Je suis parfaitement seul sur le sentier. Je ne croise personne. Je sais qu’une petite partie du groupe avec lequel je marchait est quelques miles devant moi car ils sont retournés sur le sentier hier et ont commencé à marcher à la fraîche ce matin. Je ne pense pas les rattraper avant quelques jours.

Je marche en écoutant des podcasts et en assurant mes pas. Quand tout à coup, j’entends un gros bruit de galop devant moi. À même pas 10m de moi se trouve un élan qui fut aussi surpris que moi de cette rencontre. Une énorme bestiole face à laquelle je ne fais pas le malin. Il fini par s’écarter du chemin. Par réflexe, je m’étais positionné à côté d’un arbre pour me protéger s’il m’attaquais.

Le sentier suit un faux plat ascendant à travers une alternance de forêts et de plaines. Ces dernières sont en fleurs rendant le spectacle très appréciable. Ma cheville tient plutôt bien, malgré quelques douleurs. Mes talons et voûtes plantaires ont un peu de mal à suivre car je ne prend presque pas de pauses. Après 3 minutes sans bouger, je suis assailli par les moustiques. Des centaines d’entre eux viennent s’éclater sur mon visage et me piquer partout. D’ailleurs, quand je marche, je claque mes bras et épaules toutes les 15 secondes pour essayer de les faire partir. Je suis tout de même piqué de partout le soir.

Je suis arrivé à un campement sympathique sur lequel je pensais m’installer. 2 randonneurs qui allaient vers le sud m’ont dit que le petit groupe était à 4 miles de moi. Je me suis dit que j’allais essayer de m’approcher un peu plus d’eux avant de m’installer pour la nuit. J’ai finalement poussé sur la fatigue et la douleur des pieds pour arriver au lac. Là, j’ai pu retrouver Wildman, Bass, StumbleBee, Sprouts et CoolWhip. J’étais si content de les revoir !

Au total, j’ai fait 18,2 miles (29km) avec 780m de D+ en commençant à 11h. C’est une sacrée performance pour une reprise ! J’espère juste ne pas avoir trop forcé. Massage, ibuprofènes, étirements et crème de CBD avant d’aller me coucher. De même qu’un peu de crème hydratante au niveau du SIF car j’ai une grosse irritation depuis la fin de journée.

Jour 95 : mile 1478,1

J’ai passé une très mauvaise nuit. Entre des sueurs froides, des courbatures un peu partout, et les bruits environnants, je n’ai que somnolé. Départ aux alentours de 6h pour une grosse journée. J’avais prévu 20,2 miles pour arriver au niveau d’un campement assez sympathique envers les randonneurs du CDT.

La journée est un enchaînement de petites montées et descentes entrecoupés de sections plates au milieu de plaines. C’était vraiment très beau. Ça m’a beaucoup rappelé Yosemite sur le PCT, et l’état d’Orégon.

J’ai traversé une forêt brulée avant de retourner dans une forêt de grands pins. Là, une chouette est passé au dessus de ma tête pour se poser sur un arbre. J’ai pu prendre quelques photos pendant qu’elle me regardait.

La journée s’est terminée sur une petite montée puis une route de graviers jusqu’au campement. Je n’ai absolument pas senti mes chevilles aujourd’hui ! Par contre, j’ai eu très mal à la plante des pieds sur les 6 derniers miles. Mes chaussures n’ayant aucun amorti, ça devient très douloureux vers la fin de journée. Impossible de faire 30 miles dans le désert avec ces chaussures. Je vais essayer de trouver une nouvelle paire dans les prochaines villes car je vais devoir faire ce genre de distance d’ici quelques jours.

Au campement, un couple est venu nous donné des fraises et de la chantilly. Un autre couple nous a donné du pop corn. Un troisième couple nous a déposé une vieille de vin rouge et des ribs. Enfin, un quatrième couple nous a donné quelques bières. Sacré accueil !!

On a passe une très bonne soirée, et on s’est couché bien trop tard, demain sera un peu compliqué, mais peut être qu’il s’agira de ma dernière journée dans l’état du Colorado. Mon irritation aux fesses est revenue de plus belle aujourd’hui. J’ai été contraint de mettre du scotch sur la peau irritée pour limiter les frottements. Ça a plutôt bien fonctionné jusqu’au soir où j’ai du les retirer non sans douleur.

Jour 96 : mile 1499

Comme escompté, je n’ai pas beaucoup dormi. Me coucher tard était la principale raison, mais j’ai mis une bonne heure avant de m’endormir à cause de quelques crampes d’estomac. Deux nuits d’affilées sans être vraiment reposé. Je savais que la journée allait être longue, surtout que je devais faire 20,9 miles.

Premiers pas sous un timide soleil, avant de le prendre une petite pluie formant de joli arc-en-ciels. Le sentier monte progressivement mais constamment pendant plus de 10 miles. J’avance à un bon rythme jusqu’à ce que ma cheville gauche se mette à me faire mal à un endroit où je n’avais jamais rien ressenti jusqu’à maintenant. Je fais un petit massage, je met ma chaussette de compression et je continue ma route.

Parlant de route, le sentier est presque inaccessible à un endroit car il n’a pas été entretenu pendant des années. Le plus simple était donc de suivre une petite route pour éviter cette section. C’était légèrement plus long en distance, mais définitivement plus court en temps !

En début d’après midi, j’arrive à la dernière source d’eau jusqu’au soir. 8,3 miles sans ravitaillement. Je bois un bon litre, je remplis deux bouteilles et je reprend ma route sur un sentier de terre. 6 voitures et 3 moto me dépassent à un moment levant une quantité de poussière très dérangeante.

La technique des doubles chaussettes pour augmenter l’amorti ne porte pas ses fruits. Je vais donc devoir changer de chaussures mais je ne sais pas où ni quand. La douleur devenait si importante que je faisais régulièrement des pauses, élevant mes pieds pour drainer le sang. A chaque pause, j’étais bien évidemment dévoré par les moustiques.

Lors d’une pause à 5 miles de ma fin de journée, j’ai pu observer des nuages se créer à une vitesse affolante sur la montagne d’en face. En même pas 5 minutes, le ciel est passé de parfaitement découvert à noir de nuages. Les vents étaient chaotiques. Les nuages partaient dans tous les sens. Un orage a éclaté à ma droite. Une partie de la masse nuageuse s’est orienté vers moi. Deux minutes plus tard, un orage éclatait au dessus de ma tête et des trombes d’eau me tombèrent dessus. Les rafales de vent me foutaient le visage et me congelaient tandis que le rideau de pluie m’empêchait de voir à plus de 30m de moi. Je me suis refugié sous un arbre alors que j’étais déjà trempé. Je n’étais d’ailleurs pas rassuré tant les arbres craquaient. Autres une bonne demi heure de tempête, le ciel se découvre complètement et laisse le soleil le réchauffer. Tout le paysage était en train de fumer. Cette dernière journée dans l’état du Colorado résume à la perfection comment s’est déroulé tout l’état. Je n’avais jamais vu une tempête d’une telle violence se former en si peu de temps. J’étais un peu abassourdis.

Frontière entre le Colorado et le Wyoming

Les derniers miles étaient assez long et douloureux. Tant la cheville gauche, que la cheville foulée, les plantes de pieds, et mon irritation. J’étais à bout de force quand je suis arrivé au pied d’un arbre dans lequel un panneau était planté : « Wyoming Colorado frontière ». Non sans émotions, me souvenant de ce jour où j’avais atteint le Canada en 2016, j’ai franchi à pied la toute première frontière de mon aventure. C’est un grand succès, bien que je n’ai pas pu marcher toute la distance. J’ai tout de même suivi le chemin officiel, ne prenant pas le gros raccourcis qu’est Creed au début de l’état.

Il faut fêter ça dignement

Le Colorado a définitivement été un état compliqué. Le plus compliqué de tous les états que j’ai pu faire jusqu’à maintenant. Météo très capricieuse, sections exposées, moustiques, neige, gros dénivelés et très haute altitude, il a su me pousser dans mes retranchements plus d’une fois. Il m’a permis de repousser mes limites tout en observant des paysages à couper le souffle. C’est un état qui en a fait quitter le trail plus d’un. Mais malgré les déconvenues, je me suis accroché pour en arriver là aujourd’hui. Je ne sais pas ce que l’avenir me prépare, même si je commence à me faire à l’idée que mon corps risque de me faire abandonner sous peu, mais je m’accroche à l’idée de faire de chaque jour une journée inoubliable, jusqu’à ne plus pouvoir suivre le rythme.

Jour 97 : mile 1519,5 – Encampment

Réveil et départ tardif après une nuit fort réparatrice. À 7h, je fais mes premiers pas sur cette section du Wyoming. A 7h03, il commence à pleuvoir. A 7h05, devoir de l’orage. Pour un état censé n’être qu’un désert, c’est un sacré début !

Le sentier s’enfonce dans des champs et plaines avec des hautes herbes. En quelque secondes à peine, je suis trempé. Par capillarité, ça vient mouiller mon t-shirt. Je commence à avoir froid. Puis le vent se lève et une brume l’accompagne. La température chute à 4 degrés et me voilà tremblotant.

Le sentier disparait à maintes reprises. Tantôt il est remplacé par des cairns, parfois par des poteaux en bois, mais souvent, il n’est plus du tout indiqué. Je fini par me perdre à 0,5 miles du sentier. Le gps ne voulait plus mettre à jour ma position et je ne voulais pas garder le téléphone en main trop longtemps à cause de la pluie. J’ai donc pris un cap avec la boussole jusqu’à rejoindre la route la plus proche. J’ai ensuite suivi cette large route de graviers jusqu’à rejoindre le sentier quelques miles plus loin. De là, j’ai entamé la première grande montée de la journée. J’avais un total de 1100m de D+ à faire sur 21 miles.

C’était à priori une très belle section mais je n’ai absolument rien vu. J’ai par contre eu froid. Très froid. Le pluie ne s’est pas arrêtée une seule seconde de toute la journée, me forcant à pousser sans cesse pour garder un peu de chaleur corporelle. J’ai fait 2 pauses de 3 minutes maximum sur un total de 38km. C’était épuisant, douloureux, long. Les rivières à traverser débordaient de partout. Le sentier était parfois de la boue dans laquelle je m’enfoncais jusqu’au genoux.

StumbleBee

J’étais poussé à bout. Dans un inconfort incroyable, lancé de grosses douleurs aux jambes, pieds, fessiers, mains et aux restes du zona que j’ai fait, j’ai fini par atteindre la route. Il n’y avait presqu’aucune voiture qui passaient. J’ai fait du stop sur les deux premières qui ne voulaient clairement pas aider. Sauf que ne plus bouger et être en plein vent sous la pluie n’a vraiment pas aidé mon corps à se réchauffer. Je me suis mis à dangereusement grelotter, mes mains ont tourné au violet. J’étais dans un tel état que j’ai estimé pouvoir considérer comme une urgence le fait de devoir me mettre à l’abris. Je me suis rapproché du bord de la route, et j’ai attendu la prochaine voiture. Quand elle est arrivée, j’ai fait des grands gestes au dessus de ma tête, avec mes deux bras. Considéré comme un appel d’urgence, je m’attendais à ce que le conducteur comprenne qu’il y avait un danger. Et bien non. Il m’a juste fait coucou. Les 3 voitures d’après m’ont juste ignoré. Avant qu’une voiture comprenne enfin l’urgence. L’homme m’a déposé dans un restaurant en ville. J’avais du mal à parler tant ma respiration était saccadée par les tremblements. Il m’a fallu près de 3 heures pour me réchauffer.

Dans un état misérable

J’ai mangé un gros burger, bu 11 verres de coca, enchaîné sur un plat de pommes de terres, tout en attendant les autres. Wildman est arrivé une bonne heure après. On a commencé à appeler les hôtels et cabines pour essayer d’avoir une chambre pour la nuit mais tout était fermé ou complet. On était encore trempés et fatigués, et on commençait à désespérer de ne rien trouver. Le reste du groupe est arrivé vers 20h30 au restaurant. Les deux personnes qui les ont pris en stop étaient vraiment adorable ! Ils connaissaient un bar dont l’étage est à louer pour une nuit ou deux. Ils nous ont mis en contact, nous ont conduit là-bas et on à bu quelques bières en jouant au billard. Une sacrée fin de journée.

Un peu de confort après une dure journée
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