C’est parti pour deux sections en une avant de prendre un peu de repos pour attaquer une section compliquée mais magnifique. Ces deux sections ont par contre beaucoup de dénivelé et des passages assez raide.

Jour 19 : mile 113,5

J’ai passé une très bonne nuit dans l’hôtel ! Vers 7h30, une navette est venue nous chercher pour nous déposer à l’église de la ville. Là, nous avons eu un petit déjeuner à base de pancakes et de bacon, offert. Une photo de nous a même été prise puis imprimée pour qu’on envoie tout ça sans frais où que l’on souhaite dans le monde. C’était vraiment très gentil de leur part ! C’est la 16 ème année qu’ils le font.

J’ai ensuite été manger un burger, puis acheter un médicament inhibiteur de la pompe à protons car je suis encore quotidiennement sujet à des remontées acides. De là, j’ai marché une bonne demi-heure jusqu’à la route principale sur laquelle j’ai fait du stop. En même pas une minute, un homme s’arrête et me fais signe de monter. Les gens sont tellement habitués à voir des randonneurs ici qu’ils savent bien où on souhaite aller ! Il me dépose où je m’étais arrêté et je débute ma journée vers 13h.

Je m’attendais à une demi-journée reposante vu le peu de distance que je comptais faire, mais c’était une montée continue sur 4,5 miles ! J’ai dû faire deux pauses tant j’étais essoufflé à porter un sac avec 4 jours de nourriture minimum pour une section de 2,5 jours. Je me suis raté dans mon ravitaillement, achetant cette fois-ci un peu trop.

En arrivant à l’abri, j’installe mes affaires. Nous serons au total 9, collés les uns aux autres, pour une capacité annoncée de 8. On fera un feu de camp sur lequel on fera griller des chamallow pour faire des S’mores, une combinaison d’une Cracotte, d’un carré de chocolat et d’un chamallow fondu. Un vrai régal !

Un chemin de presque 2 kilomètres menait au sommet de la montagne avec une supposée très belle vue pour un coucher de soleil. Malheureusement, ma cheville gauche est devenue très douloureuse alors que je ne l’utilisais même pas. J’ai donc passé mon tour alors que tout le monde y est allé.

Une fois de plus, je suis bien content d’avoir une place dans l’abri, parce qu’ils prévoient de gros orages toute la nuit et une partie de la matinée. Je ne suis pas impatient d’être demain ! Et j’ai, une fois de plus, une grosse boule au ventre à cause de mes foutues chevilles. C’est vraiment intenable d’avoir sans cesse des crises d’angoisses que leur état n’empire jusqu’à me pousser à l’abandon, alors que je fais absolument tout ce qui est en mon pouvoir pour que la situation s’améliore…

Jour 20 : mile 125,1

Je me réveille avec de légères douleurs mais clairement pas aussi prononcées et inquiétantes que la veille. Il pleut encore légèrement. J’enfile mes chaussures et je vais chercher mon sac de nourriture que j’ai pendu avec d’autres randonneurs. Je mange un petit déjeuner sur le pouce à base de noix de cajou et de pistaches et je me met en route dans un épais brouillard.

Il ne pleut plus, et il fait plutôt bon, quoi qu’une petite brise me rafraîchit. Je fini par rejoindre le sentier officiel car j’étais sur le retour pour atteindre l’abri, après une montée bien raide. J’aurai volontiers poussé 300m hors sentier pour voir la vue au sommet, où sont allés les autres hier pour le couché du soleil, mais vu que j’étais dans les nuages, il n’y avait aucun intérêt. Alors j’ai continué ma route vers le nord.

En arrivant sur la montagne d’en face, je suis sorti des nuages. C’était toujours très gris car le ciel était fort couvert mais il faisait un peu plus chaud et je ne me prenais plus les gouttes de condensation qui tombaient à chaque coup de vent. J’ai fini par croiser Doc, qui était en avance sur moi mais qui a fait des petites journées.

En fin de matinée, j’ai atteint le sommet d’une longue montée. Là, il y avait une tour de guet contre les feux de forêt. Celle ci était en pierre, comme un château fort. J’ai pu aller au sommet et profiter d’une vue sur toute la vallée qui était en train de se découvrir. C’était vraiment très beau, et c’est toujours aussi impressionnant de voir à quel point la région est vallonnée.

En continuant le chemin, j’ai croisé un premier abri que j’ai ignoré car il était encore très tôt dans la journée. J’ai fini par avoir une douleur vive dans la cheville droite qui m’a imposé une pause un peu plus longue qu’escompté. Quelques massages plus tard et je reprenais la descente avant de repartir en montée pour de nombreux kilomètres. Je suis arrivé au niveau du second abri. Il n’était que 15h et j’étais très tenté de pousser les 5,8 miles jusqu’au prochain, mais j’ai préféré écouter mon corps. De plus, ça voudra dire que je pourrai passer la nuit prochaine dans l’abri juste avant la ville afin d’éviter de payer 50€ pour une nuit en dortoir. Elle est connue pour avoir des prix exorbitants sur les logements.

J’ai donc passé le reste de ma journée avec Riddles, Shamrock, Treats et Piper. On a fait un feu et on s’est baignés les pieds dans la source juste à côté. Il n’aura finalement pas plu de la journée, alors qu’ils avaient prévu des averses avec 70% de chance. C’est tant mieux !

Jour 21 Pluie 7 : mile 138,4

Je me lève à 6h en espérant arriver au sommet de la montagne à temps pour profiter d’un beau levé de soleil. Il a fait froid cette nuit, ce qui m’a empêché de dormir au petit matin, et j’ai été réveillé par un arbre qui est tombé en pleine nuit. Heureusement, ce n’était ni sur l’abri, ni dans le campement, mais ça fait peur tout de même !

J’arrive au sommet juste à temps pour profiter du soleil en train de sortir de la couche de nuages qu’il y avait à l’horizon. Une belle journée était prévue avec quelques averses passagères en milieu d’après-midi. Le sentier redescend un peu puis entame une longue montée assez raide jusqu’à une troisième tour de guet contre les feux. J’y monte et je mange quelques noix de cajou en observant toute la vallée. Spectacle assez grandiose !

Puis j’entame une très longue et raide descente. Presque 1km de hauteur à perdre d’une traite. C’est épuisant, douloureux aux genoux, et pour pimenter le tout, c’est une section qui n’a pas encore été retravaillée : je suis contraint d’enjamber de nombreux arbres morts, parfois difficilement. Le sentier, en plus d’être très raide, est jonché de pierres et de racines, travaillant à l’excès mes chevilles qui, même après quelques pauses, deviennent de plus en plus douloureuses.

J’arrive à l’abri à 2km de la ville de Wesser. Il n’y a personne. Toute l’équipe a poussé jusqu’à la ville pour prendre un bon repas. Alors je fais de même. Non sans douleur, j’atteins le restaurant où je mange un gros burger. La pluie se met à tomber. On s’abrite sous un toit le temps que ça passe puis Trail Jesus, un garçon du groupe, arrive avec une bouteille de vin et du pain. Pour couronner le tout, il propose de nous faire un faux baptême dans la rivière qui traverse la ville. Trouvant l’idée bien rigolote, on se met en sous-vêtements et on va dans l’eau glaciale. Mes chevilles apprécient beaucoup ce moment !

On a bien ri et bien manger. Il était maintenant l’heure de se demander où nous allions dormir. Tout est hors de prix dans cette ville, donc on décide de pousser sur le sentier jusqu’à trouver un campement pour y installer nos tentes. Il pleut encore un peu mais quand on arrive au croisement avec une route de terre, quelque 2,5km plus loin, le soleil revient. Je monte ma tente, les chevilles très douloureuses et le moral à zéro à cause de ça.

Quand on va pour prendre nos sacs de nourriture dans l’arbre, la branche casse et me fouette le dos. Plus de peur que de mal, mais nous devons en chercher une autre. On a fini par trouver une branche plus résistante. J’ai ensuite rejoint ma tente. J’ai pris double dose de curcuma avec du poivre noir, et 400mg d’ibuprofene, en espérant que ces douleurs ne soient que la résultante de cette longue descente, et que je n’en paie pas le prix demain.

Jour 22 : mile 152,9

C’était une journée très intense ! Niveau distance, on est sur une journée assez classique, mais en terme de dénivelé, c’est une autre histoire… Presque 1600m de dénivelé positif en deux montées. La première était très longue et si ce n’est quelques passages raides, ce n’était pas trop mal, mais j’étais deux fois plus lent que d’habitude. La seconde, 300m de dénivelé seulement, mais d’une raideur absurde.

La photo est bien droite, vous ne rêvez pas.

Je n’ai pas de douleur en me levant le matin. Ça me rassure beaucoup car j’ai eu particulièrement peur hier soir en me couchant vu mon état. Je commence la marche assez tôt, un peu avant 7h30, pour une intense journée. Au sommet de la première montée; la plus longue des deux, je profite de la belle vue sur les montagnes d’en face. J’avais un temps absolument magnifique. Un grand ciel bleu et un soleil qui m’aura bien brûlé le visage.

S’en suit une descente progressive mais parsemée d’arbres à enjamber. Ça me permet aussi de bien reprendre mon souffle et de détendre mes mollets qui étaient en train de brûler de cette longue ascension. En bas, j’ai dû redescendre une bonne quarantaine de mètres pour récupérer de l’eau car c’était le seul ravitaillement possible sur le reste de la section. Une petite butte plus tard et je redescendais vers une route. Là, Magic Man, que je croise souvent car il fait des allez retour sur le sentier, m’offre une canette. J’avais bien besoin de sucre pour ce qui m’attendait.

Il ne me restait que 5 kilomètres jusqu’à l’abri mais c’étaient probablement les plus durs que j’ai rencontrés sur ce sentier pour le moment. De quoi bien brûler les jambes. Une montée qui paraissait interminable.

Quand j’ai finalement atteint l’abri, j’ai vu qu’il était plein. Du moins, le groupe à l’intérieur s’était bien espacé. On aurait pu ajouter facilement 4 personnes. Quand je le leur ai fait remarquer, ils n’en ont rien eu à faire. Il ne restait que 2 emplacements de tente pour 11 personnes. On a dû se débrouiller et on s’est tous installés de manière hasardeuse sur des parcelles absolument pas planes. Jesus et moi avons par contre fait un exploit : on a réussi à suspendre 7 sacs de nourriture sans que la corde ni la branche ne cède. C’est normalement conseillé de ne pas dépasser 2 sacs.

Je n’ai étonnement pas eu de grosse douleurs aujourd’hui. Si ce n’est des tensions et les classiques maux de pieds après une longue journée de marche, je me sens plutôt en forme. Ça fait vraiment plaisir !

Jour 23 : mile 164,3 – Fontana Dam

Je n’ai pas très bien dormi, principalement à cause de cauchemars à répétition. Je n’ai par contre pas eu froid malgré une température à -1 degrés. Je prends la route assez tôt car j’atteins la ville aujourd’hui, et j’aime passer un maximum de temps à me reposer et manger tout et n’importe quoi.

La journée était composée d’une petite montée, suivie d’un enchaînement de petites collines, puis d’une longue descente jusqu’au port de Fontana Dam. Lors des derniers mètres de la montée, mes chevilles ont été très douloureuses, mais ça a fini par s’estomper. J’ai fait quelques pauses assez courtes et j’ai fini par atteindre la route. De là, j’ai appelé le taxi de la ville qui est venu me chercher et m’a déposé au restaurant. J’ai mangé une énorme pizza puis j’ai été rejoint par Riddle et Shamrock. On a fait un mini-golf en attendant que notre chambre soit prête. Il faisait tellement beau que j’ai à nouveau pris des coups de soleil !

On est très sérieux quand on joue au mini-golf

Quand la chambre était disponible, j’ai fait une douche, une lessive, j’ai mangé un burger, et je suis allé faire du mini-golf en pleine nuit avec Jésus, à la lumière stroboscope de nos frontales. Puis on a fait des parties de baby-foot et de billard avant d’aller nous coucher. J’en ai profité pour mettre de la glace sur les chevilles autant que possible, en espérant que ca atténue les douleurs. Sinon, les inhibiteurs de la pompe à protons ont fait leur effet et je ne suis plus sujet aux brûlures d’estomac quotidiennes.

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