Du mile 525 au mile 541

Je viens de passer ma pire journée depuis le début de mon aventure.

Réveil à 5h après une bonne nuit à la belle étoile, je me mets en route seul vers le prochain ravitaillement en eau à 9 miles de là. Sur la route, je vois un joli serpent à sonnette en position d’attaque. Il faisait du bruit pour me prévenir de ne pas m’approcher. Il me tirait même la langue ! Puis j’ai continué ma route. Rapidement le trail arrive dans un champ d’éolienne. Le vent devient très puissant. C’est un vent chaud et sec.

Arrivée dans le champ d’éoliennes

J’arrive finalement au pont. Je prend de l’eau et me mets à l’ombre. C’est le seul coin d’ombre à des kilomètres à la ronde. Sous ce pont, on n’est pas à l’abri du vent. J’installe mon tapis de sol et je commence à dormir. Il faisait beaucoup trop chaud, même à l’ombre, à cause du vent… J’ai donc retiré mon tee-shirt. J’ai dormi et somnolé tout le reste de la journée soit 9h. A cause du vent ma peau était complètement sèche. Je me prenais des rafales pleine de sable sur l’ensemble du corps. Tous les quart d’heure, nous devions décaller nos tapis de sol pour suivre l’ombre. Sans m’en rendre compte, j’ai attrapé un gros coup de soleil sur tout le haut de mon corps : la réverbération du soleil sur l’environnement m’a brûlé.

Je me remets en route direction le dernier ravitaillement en eau avant d’arriver en ville. 6 miles. Il était 19h. La chaleur est intenable donc je suis obligé d’utiliser un peu de mon eau pour me rafraichir. Toute la poussière et le sable viennent se coller à moi.

Après 3 miles, le trail devient atroce. Des rafales à plus de 130 km/h soulevaient le sable, me flagellant sur mes coups de soleil frais… Impossible d’avancer normalement. Le vent me déportait sur le coté. Parfois il me faisait même reculer. J’étais obligé d’utiliser mes bâtons de marche pour assurer chacun de mes pas et retenir le poids de mon corps. Je n’avais plus de force et je n’avançais pas. Je marchais avec ma lampe frontale à pleine puissance et j’étais contraint de plisser les yeux pour éviter le sable. Ce sable irritait ma peau et ça faisait très mal. J’étais obligé d’aller jusqu’au prochain campement pour m’abriter un peu.

J’ai mis 3h à faire 3 miles. C’est ce que je fais en un peu plus d’une heure en général. J’étais misérable, et parfaitement seul dans cette nuit profonde.

Arrivé au campement, je vois que du monde campe déjà. Les tentes bougent dans tous les sens. Par peur de casser la mienne une seconde fois, je décide de dormir à la belle étoile.

Je m’abrite un peu du vent derrière un buisson et je m’installe pour dormir. Je me prépare à manger et même si mon réchaud à gaz est au maximum de sa puissance, le vent arrive à éteindre la flamme. Je m’installe finalement dans mon sac de couchage, j’ai mal partout. Coup de soleil, sable, sécheresse…

Aujourd’hui, c’était une horrible journée. La pire depuis le début de mon aventure. Et j’ai fait les 3 miles les plus compliqués depuis que j’ai commencé à marcher.

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