Du mile 558 au mile 652

Je n’ai aucune idée de pourquoi mais mon téléphone a déprogrammé ma boîte mail… Or, j’écris mes articles dans les brouillons de ma boîte mail avant de pouvoir les mettre en ligne. J’ai donc malheureusement perdu 5 jours de nouvelles. Je suis incapable de me souvenir de tout ce qu’il c’est passé durant ces 5 jours. Je vais donc faire un résumé ici même :

A cause du manque d’eau sur cette section (42 miles sans ravitaillement) nous sommes obligés de faire des grosses journées. Nous avons fait 8 miles, puis 20 miles, puis 19, puis 26, 20 et enfin un zéro à Ridgecrest. 26 miles est ma plus grosse journée !

Avec l’aide d’un trail angel, nous sommes allés déposer des bidons d’eau à un point stratégique de la section afin que l’on puisse se ravitailler.

Nous avons ensuite marché les 8 miles traversant un champ d’éoliennes et reliant deux routes. Nous avons campé le long de la voie rapide 58, entourés de plein de petites souris. C’est limite si elles ne montaient pas sur nous pour accéder à la nourriture. Il y avait aussi des souris kangourou ; elles peuvent faire des bons en hauteur de plusieurs dizaines de centimètres !

Le second jour, après une grande montée, nous sommes arrivés dans une forêt de pins où nous avons dormi, à l’abri du vent. Dans cette montée, nous avons croisé un Mojave Green, le serpent le plus dangereux de toute la Californie. Une morsure entraîne la mort en 20 minutes d’après certains. C’est un serpent à sonnette. Néanmoins nous avons pu nous approcher à moins d’un mètre de lui ! En effet, il était en train d’avaler une souris. La souris dans sa gueule, il était incapable de bouger et d’attaquer, donc il faisait le mort.

Après une courte nuit, nous nous sommes remis en route. Encore une fois, on croise des éoliennes. Il fait très chaud ! Il ne se passe rien de particulier. On se ravitaille en eau grâce à notre petite water cache.

Mon tee-shirt rend l’âme. Il est complètement troué. J’en attends un nouveau à Kennedy Meadows ( mile 702,3 ).

L’état de mon tee-shirt dans la ville de Ridgecrest

Troisième jour : un petit ravitaillement est prévu à l’unique source de la section. L’eau coulait environ à 300ml par minute. On y est arrivé à 16h et on n’en est reparti qu’à 19h30 à cause de l’attente. Il y avait beaucoup de monde !

Je mange énormément ! J’ai même acheté un pot de Nutella… Parfait sur le trail !

On voulait faire encore 4 miles mais se ravitailler en eau était beaucoup trop long donc on a eu le temps de n’en faire que 3. On dort à la belle étoile quand en pleine nuit, un orage éclate et quelques gouttes tombent. Pas le choix, dans la précipitation, on monte nos tentes. Il s’arrêtera de pleuvoir assez rapidement.

Le lendemain était censé être une journée de 22 miles. Nous avions décidé de faire un petit détour de la même longueur que le trail, mais qui passait à côté de deux sources d’eau : des abreuvoirs à vaches. On s’est donc mis en route après avoir fait les 10 miles jusqu’à la route et après avoir bu 4 litres d’eau à la water cache que des trails angels avaient créée. Des centaines et des centaines de litres d’eau.

La route était une route pavée ce qui n’était pas prévu. C’est douloureux pour les pieds ! On a donc décidé de slackpack ; c’est une technique qui consiste à demander à un trail angel de déposer nos sac un peu plus loin sur le trail. On a mangé et bu le plus que l’on pouvait avant de donner nos sacs. Et on s’est mis en route sans nos sac et sans PQ avec 2,5L d’eau chacun. Pas le choix : on devait rejoindre notre matériel avant la nuit. On a donc du marcher 26 miles avec uniquement 2 pauses, par un soleil de plomb dans un désert très sec. Avec un gros dénivelé positif, cette traversée nous a pris beaucoup de temps. C’est avec énormément de souffrance que l’on a atteint la localisation de nos sacs. On a été remerciés par le splendide couché de soleil sur les montagnes et la boîte de trail magic contenant des batteries externes pour recharger nos appareils, de la nourriture, et des centaines de litres d’eau.

Le même coup que la nuit dernière : pluie et orage en pleine nuit alors que l’on faisait une nuit à la belle étoile. J’avais laissé une barre de céréale à côté de moi afin de grignoter pendant la nuit. En pleine nuit, j’ai donc ouvert ma barre et j’ai croqué dedans. Je me suis vite rendu compte qu’une souris avait grignoté la moitié en ouvrant le paquet et que des centaines de fourmis grouillaient sur ma barre. J’ai donc tout recraché. Quelle mauvaise nuit, après une si dure journée…

Il ne nous reste que 20 miles à faire pour atteindre Walker Pass (mile 652) où on dormira au campement. Le trail commence par une très grande montée dans une montagne surplombant un désert plat et aride. Encore une fois, nos sacs sont très lourds car nous portons 7L d’eau chacun. Dans cette montée, la douleur que j’avais à l’épaule revient encore plus forte que jamais ! Impossible de marcher tant la douleur est atroce. Je demande donc à Bottomless de regarder mon dos. On prend la décision d’essayer de percer le petit bouton que j’ai avec une aiguille. Il plante l’aiguille à plusieurs reprises sur près d’un centimètre de profondeur. Je n’utilise pas d’anti-douleur. Une grosse quantité de pus sors. On se remet en route. Au bout d’une heure la douleur revient de plus belle. On décide de passer à l’étape supérieure : on procède à une « opération » sur le trail. Avec mon petit couteau, Bottomless fait une entaille d’un centimètre de long sur 0,5cm de profondeur. Le tout sans que je ne prenne d’anti-douleur. Une extrême douleur qui a duré bien 10 minutes. De cette entaille il arrive à faire sortir tout le pus. Néanmoins il n’a pas vu d’épine ou de poil incarné donc je n’ai aucune idée d’où venait cette infection.

Je continue ma journée sans utiliser mon bras et avec mon sac dans une position inconfortable mais qui évite les frottements sur l’épaule gauche. Je ne pouvais me servir que d’un bâton de marche : la douleur sur mes pieds est donc rapidement venue.

Nous avons eu un orage et de la pluie alors que l’on était en haut de la montagne. Pas le choix, il faut vite descendre. Pas de pause pendant 8 miles !

Au campement, j’ai retrouvé Joe et Jayde, le couple britannique qui était parti le même jour que moi et que je n’avais pas revu depuis le premier jour ! C’était vraiment bien de les revoir ! On a profité de la trail magic (pain avec une sauce tomate) et je me suis écroulé dans ma tente.

Enfin, aujourd’hui, nous avons fait un zero a Ridgecrest. Je suis allé à l’hôpital pour mon dos. J’ai des antibiotiques pour 10j.

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